Une éducation holistique

«Nous ne sommes pas des êtres humains vivant une expérience spirituelle, nous sommes des êtres spirituels vivant une expérience humaine.»
Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955)
Holistique, un mot à la mode...
Au delà de cette mode quelles orientations, quels contenus en terme d'éducation ?
Nous vivons une période cruciale de l'histoire de l'humanité, apocalyptique au sens de la révélation mais aussi de bouleversements majeurs déjà engagés et qui affectent la survie de notre humanité sur cette Terre. Un grand virage est à prendre : les enfants nés ou à naître, les jeunes, quelles que soient leurs origines ethniques, géographiques, culturelles vont devoir l'opérer et ne pourront l'éluder. Les moins jeunes aussi qui sont peut-être plus à même d'y faire face, s'ils vivent en conscience.
Ceci amène à définir clairement l'objectif primordial de ce site : redonner sens à la vie dans un monde chaotique où sévit l'inversion des valeurs, où s'exercent toutes les perversités, où les destructions succèdent aux destructions, où prévalent le massacre de l'intelligence et de l'innocence et les massacres génocidaires tout courts. Une liste de méfaits que l'on pourrait poursuivre sans qu'elle soit exhaustive. Ce site a la prétention (démesurée pensera-ton, mais lorsque toute mesure est abolie !..) et aussi pour objectif déclaré, d'apporter remède à cette banalisation du désastre.

Ainsi
que pourrait être une éducation holistique ?
Sinon
une éducation qui ne s'identifie à aucune culture ni ne procède
d'aucune spiritualité particulières mais les embrasse toutes par un
cheminement d'apprentissages et de découvertes en termes de
reconnexion de l'être humain à la source de son humanité
essentielle, quel que soit le nom qu'on lui donne...
Or y a-t-il encore matière à innover dans cet océan d'indifférence, de scepticisme, de défaitisme, de méfiance, résignation, peur et soumission dans lequel les individus survivent tant bien que mal aujourd'hui, s'appuyant parfois sur un idéal, une cause dont ils espèrent voir un jour l'aboutissement ? Se contentera-t-on de ce constat hyper négatif et qui n'est pourtant pas sans fondements ?
On se gardera bien d'abord de proclamer un idéal, de faire de l'éducation un enjeu politique. Cependant le refus de l'autorité, des pouvoirs, des religions instituées lorsqu'elles se font oppressantes et instruments de contrôle, de tout ce qui contraint et formate l'individu, est bien sûr un évident préalable à cette recherche éducative. Mais il n'est pas suffisant et ne constitue pas un projet.
Car, au delà des présupposés et des attendus, ce qui compte en terme d'éducation, c'est d'abord, comme le souligne Octave Mirbeau , l'enfant, ce formidable potentiel constamment malmené par les institutions historiquement fondatrices de l'aliénation ordinaire : la religion et l'école de l'état.
La famille a aussi été longtemps considérée comme un pilier de cette aliénation. Elle est toujours cependant le noyau biologique qui structure toute société en assurant la protection basique de l'enfant. Et il convient plus que jamais de la défendre car s'exercent sur elle aujourd'hui de subtiles pressions visant à la déposséder de ce qu'il est convenu d'appeler l'autorité parentale. Et ce à des fins perverses qui interrogent et qui ont pour but assez clairement établi de lever le dernier rempart de protection de nos enfants afin de les détruire. Et il ne suffit pas d'affirmer un idéal vertueux pour se prémunir du pouvoir de nuisance de l'école de l'état, ce monstre froid au service de ceux qui s'ingénient à Tout foutre en l'air.
Alors convient-il de commencer par le commencement. S'il ne paraît plus guère possible (voire !) d'ouvrir une école comme La Ruche de Sébastien Faure ou l'École Moderne de Francisco Ferrer, on peut toutefois s'inspirer de leur démarche, se ressourcer à l'opiniâtreté de Paul Robin, de Célestin Freinet et de tous ces pédagogues que les systèmes étatiques préfèrent ignorer.
Et pour faire quoi au juste ?
Insuffler peut-être un esprit différent dans la relation qui s'instaure entre les enfants de toutes origines dans ce monde ignoblement hiérarchisé entre dominants et dominés.
Et comment ?
C'est toute la question. La pédagogie passe aussi par la création d'outils qui peuvent à la fois servir les apprentissages, la sensibilisation et la conscientisation. Le champ est vaste et il est ouvert.
Montrer aux enfants qu'aucune forme de culture n'est supérieure à une autre, en rechercher les moyens, relier les apprentissages à celui de l'autonomie et de l'entraide, aller ainsi à l'encontre de ce qui se fait aujourd'hui à peu près partout dans le monde en éducation : formatage à la soumission, à l'acceptation résignée de l'autorité génératrice du désordre établi et du désastre en cours, telles peuvent être les lignes de force d'Holistic Educ. Il est en effet urgent de penser les bases d'une Éducation holistique, transculturelle (et non pas multiculturelle) mais aussi libertaire et antimondialiste, une éducation qui donne à tous les jeunes le sens d'une commune appartenance à ce qui fait que partout dans le monde l'individu est d'abord et avant tout un être humain, un fait universel qui est à la racine de toute identité.
Si « ceux qui vivent ce sont ceux qui luttent », comme disait le vieil Hugo, ce sont aussi, à mon sens, ceux qui osent.
Quel risque y a-t-il dans un univers de non vie, dans le cercle infernal d'autodestruction qui nous capte dès le plus jeune âge, à tenter ce qui n'a jamais été essayé ?
Oser l'espoir, oser l'utopie. Oser vivre, faire vivre... et grandir en liberté !

Il n'est pas d'âge pour continuer à croire en l'humain et tenter de manifester ce qui fait la grandeur et la beauté de notre humanité. Le chemin est ouvert mais il n'est pas tracé. Ainsi celles et ceux, s'il en est, de tous âges, toutes origines, toutes formations (ou sans formation), qui seront sensibles à cette démarche pourront s'y associer.
Holistic Éduc est donc ouvert à quiconque est au fait du tragique enlisement que subissent les jeunes et qui ne souhaite pas en être le spectateur passif et désabusé.
Plus que jamais les chemins de la Vie sont des chemins de traverse. La question n'est plus de savoir s'il convient de se conformer et de courber la tête en un réflexe millénaire de peur génétiquement intégrée. Lorsque le navire s'apprête à sombrer, suivre les rats n'est plus d'aucun secours et s'impose la désertion des casernes éducationnelles du malheur.
Et si ce monde y est encore sensible sachons le reconnaître : la qualité d'une relation éducative c'est aussi la poésie qui en émane et qui cependant demeure indicible.
« d'immenses tartines d'enfant
sur qui le beurre fraîchissait
sur qui la confiture glaçait
étaient parfois pendant le jeu
posées sur une borne grise
jusqu'à l'oubli. »
